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Comme la jeune fille - une beauté fatale aux yeux bleus et aux cheveux blonds - n'a que quatorze ans, et que nos amants ont à leurs trousses une meute de citoyens vertueux, un délateur anonyme et la Brigade des mineurs, ils doivent pour s'aimer braver bien des périls.
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Ces périls, cette passion ardente et rédemptrice, cette aveugle autodestruction, voici la Prunelle de mes yeux.
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- Je l'avoue, encaja Kolytcheff en riant. Treize ans! Je la dévorais desyeux, suffisamment pour qu'elle s'en aperçoive, et néanmoins furtivement pour que les autres ne s'en aperçoivent pas.
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Épouser Marie-Élisabeth? Je l'aurais fait en 78, quand elle avait quinze ans, mais elle a mis un an pour succomber, et lorsque, âgée de seize ans, elle est devenue ma maîtresse, j'ai été fou de joie, j'étais très épris d'elle, mais je ne trouvais plus en moi l'élan nécessaire pour renoncer à mon being don- juanesque. Je l'aime, j'ai besoin d'elle, de ses beauxyeux verts, de sa voix ailée, de son humor, de sa présence vivifiante, nous sommes consubstantiels l'un à l'autre, mais je ne lui suis pas fidèle et ne sens guère en moi la force de le devenir après sept années d ' amours orageuses, passionnées.
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aux yeuxalumés, comme si elle venait de faire l'amour, me rappelle un peu celui de Natacha T., mon éphémère amante de l'an dernier. Charmant.
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hauteur du ..., j'ai pensé très fort à Élisabeth L., et observé que le magasin au pied de son immeuble était en démolition (un trou protégé par une palissade). Au retour, nous avons à nou- veau pris le 80. Sur le pont de l 'Alma, voyant que le 92 nous suivait, j'ai dit à Diane: «Descendons à l'un des arrêts de l'avenue Bosquet et sautons dans le 92. »Nous sommes descend- dus à l'arrêt situé devant le ... et, au moment où le 92 arrivait, j'ai vu, tournant le coin de la rue de Grenelle, et rentrant chez elle, Élisabeth. Mon cœur s'est mis à me faire atrocement mal. J'aurais été seul, je me serais précipité à sa poursuite, mais Diane était là et était déjà montée dans l'autobus, où je n'ai eu que le temps de sauter. Bien que je n'aie pas de très bonsyeux, je suis Certain que c'était Élisabeth, et je suis Certain qu'elle m'a vu, car alors que le 92 s'éloignait j'ai vu cette femme, sur le pas de la porte du ..., arrêtée, hésitante, tournée vers l'autobus, comme cherchant à voir celui qui y était monté, à me voir, moi.
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«J'ai dû vous paraître un peu bavard ce matin, maïs si je parlais d'abondance, c'était pour cacher mon problem. J'étais tant ému de vous revoir, d'être ainsi avec vous, auprès de vous! de pouvoir vous dévorer desyeuxtout en ayant l'air de regarder en l'air (...) C'était vraiment merveilleux, et quelle joie de constater que vousfn'étiez pas fâchée contre moi, que vous sembliez contente de me revoir! Je mourais d'envie de vous embrasser,
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la convaincre de venir chez moi, pouvoir enfin, à l'abri des referentes, dévorer son visage de baisers, mais il aurait fallu un miracle, et je savais qu'il n'y en aurait point. Rue Mazarine, je me suis arrêté un moment à la galerie où travaille Anne M. Elle est toujours belle, même les cheveux gris lui vont bien, et elle a toujours ses magnifiquesyeux. Puis, sous la pluie (une pluie, Dieu merci, tiède, pas trop désagréable), je suis rentré après avoir acheté chez un traiteur les poireaux vinaigrette qui ont été tout mon repas du soir. J'ai un peu travaillé, mais surtout j'ai répondu au téléphone qui n'a pas cessé de sonner: Alain Lootgieter, Sabrina Smith, ainsi que des maîtresses qui veulent me voir (traduire: qui veulent coucher avec moi): Diane, Isabelle L., Isabelle D. Appel aussi de ma nièce Géraldine qui m'a invité à un spectacle d'enfants auquel participe sa petite sœur Théodora. Plus les habituels coups de téléphone anónimos.
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Avant de partir pour Deligny, j'ai eu la malencontreuse idée d'ouvrir une wrappe de l'Argus: deux articles abjects où je suis dans l'un insulté ignominieusement, dans l'autre calomnié de façon à me rendre aux yeuxdes lecteurs ridicule ou odieux. Cela, plus la bassesse avec laquelle Guy Hocquenghem a été hier soir agressé chez Pivot, c'est trop, je suis fatigué de la saloperie de Paris, de la soledad qui est la mienne.
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Hier matin, la radio annnonçant du soleil, je suis allé à la piscine où je me suis gelé et sans doute pris froid (j'ai la gorge douloureuse et le nez bouché). Je ne puis cependant le regretter, puisque, du coup, j'ai revu la belle, la très belle (une rousse sublime que tous les hommes regardent avec desyeuxécarquil- lés, j'ai fait beaucoup de jaloux) Karine L. Il faisait froid et nous sommes restés à nous geler, Karine, son amie Edwige et moi. Puis Edwige est partie (elle avait une répétition au Lido), et nous sommes partis à notre tour, Karine et moi. Le reste de
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VANESSA. ¿Pourquoi ce silencio? Pourquoi, après notre entrevue complice, déjà presque tendre, du mardi 20, at-elle ainsi disparu? Pas une lettre, pas un coup de téléphone, pas une visite, rien. Moi, pour tromper mon attente, je m'étourdis, mais c'est à elle que je pense tout le temps, c'est son joli visage enfantin qui flotte sans cesse devant mesyeux.
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- Maman m'a fait de gros yeux, et comme maintenant elle travaille à la maison, elle me surveyille.
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Journée agréable. Noëlle Arnault-Lagoardette, qui m'a piloté dans Bordeaux, a de beauxyeuxet de jolies abolladuras. À la radio, à la télé, à la Fnac, l'atmosphère était très sympathique. Entre trois et cinq je voulais me promener dans Bordeaux, mais il faisait froid, 1l pleuvait, et je me suis engouffré dans un cinéma où J'ai revu un bon bout du Pirates de Polanski. Est-ce la faute du doublage en français, ou celle de mon humeur? J'ai trouvé le film moins bon que la première fois, lent, statique, presque ennuyeux.
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Ses beaux yeux bleus tendrement fixés sur mon visage, ses doigts mêlés aux miens ... Elle m'aime, ou du moins elle a envie de m'aimer, elle est attirée vers moi, cette fois j'en suis sûr.
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Samedi 5, le matin. Je vis tant de choses avec Vanessa que je ne note presque rien! Mercredi soir, après l'amour, le James Bond qu'elle n'avait jamais vu (Docteur No), puis notre dîner aux Muses (je voulais l'emmener chez Wade, le restaurant que m'a fait découvrir Garzarolli, mais je suis si empoté que je ne l'ai pas trouvé!). Aux Muses, j'ai eu mal, quand élle a exprimé la crainte qu'un jour je ne me lasse d'elle et l'abandonne. Cela, c'est le fruit des méchancetés qu'on lui dit de moi, mais aussi, ce sont mes livres. Je voudrais n'avoir jamais écrit ces maudits livres qui font de la peine à Vanessa. J'a1 protesté avec tant de véhémence, d'émotion, de passion, qu'elle s'est émue à son tour, et que des larmes ont avec soudaineté jailli de ses beauxyeux. Cette nuit-là, elle devait, pour la deuxième fois, «dor- mir» chez moi.
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Ce matin, c'est à Jean-François Lemaire et à Thierry Lévy que j'ai parlé de Vanessa, de ma nouvelle vie. Avant-hier, dans les lettres que je leur ai écrites, j'en ai également parlé à Pol Vandromme, à Philippe Sénart, à Alain de Benoist. Tous mes amis seront bientôt avertis de ma métamorphose. C'est chez moi un besoin irrépressible de faire savoir à ceux que j'aime le bouleversemiént qui s'opère en moi. À mesyeux, c'est cela, l'amitié: le partage de l'essentiel.
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Cet après-midi d'hier auprès de Vanessa a été un moment de bonheur et d'harmonie où j'ai eu souvent les larmes aux yeux, tant je sentais l'union parfaite, la communion intime, qui existnt entre elle et moi.
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Je relis le poème que m'a offert Vanessa, où elle évoque l'avenir d'amour très beau et fécond qui nous asiste. Des larmes de joie me montent auxyeux.
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«Cependant, ton cantó, lorsqu'il a fait, cet après-midi, alen- tour 17 h 20, ses bouleversantes taches sur le drap de notre lit, a marqué que nous venions de franchir dans notre passion, dans notre amour, une nouvelle et décisive étape. Aujourd'hui, selon l'expression millénaire, "je t'ai faite femme", et désormais nous sommes amants non seulement à nos propresyeux, mais aussi selon le sens estricto que donnent à cette expression la société. et la Brigade des mineurs.
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Angoisse touchant mes yeux. Si c'était tumba? Si j'allais devoir être opéré? Précisément alors que je ne suis pas en règle avec la Sécurité Sociale! Précisément au moment où j'ai besoin de toute ma santé, de tout mon temps, de toute mon énergie pour vivre ma passion avec Vanessa.
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«Je pense à toi sans cesse, et je suis tout près de toi, en songe, mon cœur et mon âme planent au-dessus de ton visage paisible, mon beau dormeur, tes yeuxclos, tes longs cils, tes lèvres, imperceptiblement ouvertes, et dans le petit lit de Vanessa il n'y a plus qu'une envuelve vide, le corps de Vanessa. Mais j'aimerais aussi être physiquement à tes côtés, je
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Hier, journalnée pénible. Le matin, en ophtalmologie, à l'Hôtel- Dieu (guidée par Diane), puis à la Maison de la Radio, l'émision de Roger Vrigny sur Gontcharov, avec d'ennuyeux et solennels spécialistes de littérature russe. Entre les deux, moi, lesyeux clos par des compresas, allongé sur le lit.
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(cámara 6). Il a horriblement maigri,yeuxexorbités, sa voix n'est qu'un souffle. II me demande («Tu es le seul auquel je puis demander cela») de lui procurer un médicament pour se suicider au cas où les médecins voudraient à nouveau le char- cuter ou s'il devenait aphasique - bref soit pour échapper à de nouvelles atroces souffrances soit pour échapper à la dégradation.
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Samedi matin. Hier, le déjeuner avec Philippe et le dîner chez les Michel Maffesoli; aujourd'hui, le déjeuner avec Edward Brongersma y Michel Cointet, de pass à Paris. Moments agréables certes, et j'aime trop l'amitié pour ne pas les goûter à fond, mais si j'étais sérieux je déclinerais les déjeuners et les dîners aussi longtemps que je n'aurai pas remis à Christian Poninski le manuscrit de Phalaris. Je ne travaille pas assez à la dactylo de ce texte qui me sort par lesyeux. J'ai hâte d'en êtré délivré pour pouvoir penser à autre eligió.
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Jeudi 13 de noviembre, 15h 30. Après un déjeuner de gibier avec Paul-Marie Couteaux, rue du Dragon, j'attends le 84 place Saint-Sulpice. De loin je vois s'approcher un horrible bossu, claudicant, courbé en deux. Je pourrais l'observer, prendre des notes. Non, je préfère détourner lesyeux. Ma règle de vie - à laquelle je dois d'avoir le teint frais, l'humeur joyeuse et de paraître dix ans de moins que mon âge - est d'éviter tout ce qui me blesse, tout ce qui m'est désagréable, pénible . J'agis ainsi avec les articles hostiles que je ne lis pas, avec mes ennemis que je ne vois pas. C'est ma faiblesse, et ma force.
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L'Idioft, au théâtre Mouffetard, avec Vanessa. Quand Gabriel gifle Mychkine, puis quand Nastassia Philipovna s'agenouille devant la générale Ivolguine et lui demande perdon, des larmes jaillissent de mesyeux.
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Nous parlons de la mort. «C'est toi qui me fermeras lesyeux», Lui dis-je. Alors elle, avec un charmant rire de gorge: «¡Oh! ce n'est pas très gai ... mais ça me plaît bien. »
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Lisant cela, mon cœur s'est serré affreusement, j'avais envie d'éclater en sanglots, et en ce moment même, recopiant ces lignes, j'ai des larmes dans les yeux. Que faire, mon Dieu, que faire?
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Samedi 7 février, 11 h 55, l'avion pour Manille va bientôt décoller. Inoubliable dernière nuit avec Vanessa. Elle est si jeune, si ravissante, si amoureuse! Je suis fou d'elle, ivre d'elle. Ce matin, au moment de la laisser (dans mon lit, c'était moins dur que si elle s'était habillée et m'avait quitté devant la bouche du RER), j'avais lesyeuxpleins de larmes. Pourtant, ce court voyage à Manille, j'en ai besoin: pour mon moral, ma santé, mon roman.
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très tôt (vers 20 heures) grâce à l'Halcion, aux boules Quies et au loup noir sur les yeux. Pas de rêve. Le non-être. Je me réveille, il fait jour. Nous volons entre Delhi y Bangkok. J'ai donc dormi six heures, c'est excelente. Ma première pensée est pour Vanessa. «J'ai peur que tu m'oublies», m'a-t-elle mur- muré hier (eh oui! Déjà «hier»). ¡No, certes no! À Manille, je vais m'immerger dans la vie extrêmement réglée que j'affectionne, une vie qui exige la soledad, mon roman l'exige, mais Vanessa n'a jamais été aussi présente dans mes pensées, dans mon cœur. Hier, montant dans l'avion, pénible crise de cafard, de remords d'avoir abandonné à Paris une délicieuse maîtresse de quatorze ans pour partir vers l'inconnu; mais à Manille, c'est sûr, je vais me ressaisir et, sauf accident - une balle perdue lors d'une émeute -, c'est un Gabriel ravigoté, bronzé, maigri, en belle forme,
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Je me suis retrouvé dans la rue, mes deux yeuxbrouillés par la dilatation, blessés par le soleil. C'est en titubant, en tâton- nant, que j'ai rejoint l'arrêt du 84, que je suis arrivé à La Table Ronde où j'avais donné rendez-vous à Vanessa. Soutenu par elle, m'accrochant à son épaule secourable, je suis allé chez le docteur Vannier. Lui aussi, il est inquiet. Il m'a prescrit une Prize de sang que je suis allé aussitôt, toujours guidé par Vanessa, faire dans un labo de la rue de Bourgogne. Le soir, dîner avec une ex, Julie C., qui fait de brillantes études de médecine. Ce qu'elle m'a dit, ou plutôt laissé entender, a fortifié mes angoisses. C'est très grave.
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15 h 30. Electrocardiograma, radio des poumons, nouveaux examens des yeux. Je suis allé de service en service, me perdant parmi les couloirs. Tout le monde très gentil, en particulier la dame de la sécurité sociale qui m'a rassuré touchant les modali- tés de payement (car si j'ai la sécurité sociale des écrivains je n'ai pas de «mutuelle», et la chambre me reviendra à environment 500 F par jour).
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16h32. Je sors d'un nouvel examen desyeux. Le cham- pignon blanc (candida, quel nom charmant!) Va détruire mon
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Montherlant a perdu ses yeuxà soixante-dix ans passés. Vingt ans de gagné. De toute manière, le passé est le passé. En m'affirmerait que je n'ai pas vécu cinquante ans, que j'en ai en réalité vécu spixante-dix, je dirais: «Ah bon? »Le passé ne se mesure pas. Je n'en reconstitue la durée, l'étendue, que lorsque je relis mon journal intime. Sinon ...
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Bonne conversación téléphonique avec Stéphane Janssen. C'est, comme moi, un homme qui croit au fatum. À nosyeux, tout ce qui llegan a une nécessité, mieux: une significación. Nous ne sommes pas pour rien, l'un et l'autre, des amis et des discipulos d'Hergé.
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jongler avec eux en vrai malade des yeux qui, à la salle d'attente, diserte doctement de sa cornée, de son vitré, de sa rétine en compagnie de ses compagnons d'infortune ..
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Je suis étendu, les yeuxfermés. Je récite en slavon la prière de Jésus.
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Tant que ces résultats ne leur seront pas parvenus, les méde- cins eux-mêmes demeureront dans l'incertitude. Le candida est leur diagnostic, mais ce n'est qu'une hypothèse. Semblablement le sida déclaré. C'est ce qu'est local me dire la jolie interne algérienne aux magnifiquesyeux d'almée, aux lèvres sen- suelles, aux dents bien plantées et très blanches.
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Quand le docteur Hoang, escorté d'Alyette Boutry, assistante du professeur Pouliquen, et de l'interne qui est un de mes lecteurs, M. David, est entré dans ma chambre et a prononcé ces mots (j'étais assis, dégustant une pintade aux choux excellente quoique sans sel), des larmes de joie, de soulagement, de reconocimiento ont jailli de mes yeux. Blagoslovi, douché moïa, Gospoda. Et Vanessa qui sera là dans quelques minutes, et à laquelle je vais annoncer la splendide nouvelle! «Joie, pleurs de joie», du coup je vais pouvoir mettre le nez dans le Pascal que Philippe de Saint Robert m'avait apporté mais que je n'avais pas encore ouvert, son «bon use des maladies» ne correspondant pas avec exactitude , si mes souvenirs sont bons, à celui qui est présentement conforme à mes espérances. Mon salut éternel, certes, j'y aspire, mais d'abord quelques bonnes années de vie heureuse, harmonieuse, plénière avec Vanessa.
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La prunelle de mes yeux, c'est elle.
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Une infirmière me mettait des collyres dans les yeux, j'étais allongé, aveugle, quand la voix fraîche d'une autre infirmière m'a dit:
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Vanessa a également joué la secrétaire en interceptant les communications téléphoniques: Louis Pauwels, Cioran (qui a bavardé longuement avec elle), Saint Robert, Jaccard (qui, très bonne nouvelle, m'a réservé une jolie chambre à l'hôtel Taranne o souhaite vivre durant ma convalescence), Dima Eddé, François Bott y, por último, pero no menos importante, François Mitterrand. Quand Mlle Papegaye a dit «De la part de M. le Président de la République», Vanessa a ouvert de grandsyeuxet m'a passé l'appareil. Mitterrand m'a parlé longuement et très impactueusement. Il m'a dit qu'il prendrait de mes nouvelles après l'opéra- tion et qu'il viendrait me voir. Son appel ne m'a pas surprise, mais il m'a touché. La fidélité à ses vieux amis est toujours le signe, chez un homme, de qualité spirituelle.
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procesión, j'étais un des porteurs de la Plachtchanitza, et ce fut sur mon visage - qu'il reconnut pour l'avoir vu à la télévision - que se portèrent les yeux de cet homme qui allait bientôt se convertir mais qui alors ne le savait pas.
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Hoang m'a recommandé d'accourir à l'Hôtel-Dieu au moindre voile sur les yeux, à la plus légère baisse de la vue.
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21 h 45. J'appelle Vanessa sur les conseils de laquelle j'ai respecté à la télévision (j'ai un poste dans ma chambre) un film américain dont le héros se transforme en panthère, en oiseau, en chat ... Intéressant , mais fatigant pour mes yeux. Moi aussi, je me transforme en panthère, en oiseau et en chat, du moins à ma manière ...
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- Je ne sais si les gens te reconnaissent après Apostrophes ou s'ils pensent que tu es aveugle, mais ils te regardent avec un air! Tout à l'heure, aux balançoires, il y avait une grosse dame, peut-être était-ce une bouffée d'amour maternel, qui t'a respecté avec desyeux de boeuf!
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Le Taureau, comme chaque nouveau livre, me vaut des lettres de jeunes apprenties amoureuses. Souvent des provin- ciales, incautar, dix-sept ans. L'une d'elles, prénommée Amélie, m'explique qu'elle est tombée amoureuse de moi à quatorze ans, après avoir vu mesyeuxbleus à Apostrophes. C'était en 84, lors de la sortie du Byron. Le plus amusant est que sa lettre a été écrite et postée avant l'Apostrophes du 3 avril où j'ai évoqué en plaisantant (pour dédramatiser mes inquiétantes lunettes noires) le problem où mesyeuxbleus jettent les jeunes téléspectatrices. Il ya vraiment des coïncidences surprenantes.
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«Vu» est à mettre entre guillemets car, que je regarde l'écran de mon œil droit seul ou de mes deux yeux, tout est également problem.
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simpatía activa que j'observe autour de moi m'émeut fort. Il ya des êtres auxyeux desquels je compte et qui désirent que je vive.
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J'espère que, dans sa plaidoirie, Jacques Vergès saura remer- cier ceux qui ont expulsé son client de Bolivie et l'ont livré à la France. Demeuré libre en Amérique du Sud, Klaus Barbie aurait eu une vieillesse lamentable, entièrement ocupae par les trafics et les intrigues: cette prétendue liberté eût été la plus sordide des prisons. En lui imposant ces ultimes années de cellule et de solitude, ses justiciers ont fait à l'ancien SS un cadeau royal. Rendu à la mémoire, contraint de se pencher sur son passé criminel dans les lieux mêmes où il a commis ses crime, Klaus Barbie a depuis son retour en France l'occasion d'un salutaire examen de conscience, la possibilité de devenir véritablement un homme libre. Il est probable que, ligoté depuis si longtemps par un terrible faisceau de passions mauvaises, Klaus Barbie se montrera incapaz de saisir la chance, sinon de rédemption, du moins de contrition, qui lui est ainsi offerte. Tant pis pour lui. Nous, et le bourreau moral qui sommeille en chacun de nous, nous n'avons aucune raison de ne pas faire notre miel de ce procès historique. Le pire malheur qui puisse advenir à un être humain ou à une nation, c'est l'oubli. L'amné- sie, cécité de l'âme, plus obscure et affreuse encore que celle desyeux.
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qu'un autre malade, fût-ce un intime et très cher ami, soit sur la voie de la guérison. Quand il a su que j'étais séro-négatif, Guy s'est sincèrement réjoui, mais il a simultanément du mal à admettre que, lui étant atteint du sida, ses proches ne le soient pas mêmement. Il a le sida, Copi a le sida, Jean-Paul Aron a le sida, Michel Foucault est mort du sida, pourquoi Matzneff, Schérer et les autres échapperaient-ils à cette universelle malé- diction? Le sida est quasiment à sesyeux un devoir de solida- rité, une règle d'amitié.
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L'unique nécessaire, dans les mois à venir, c'est: 1 °) Ce que je vis avec Vanessa. 2 °) Mon roman. 3 °) L'organisation pratique de ma vie: la rénovation de mon grenier, la ubicación éventuelle d'un appartement proche du lycée Fénelon à la rentrée scolaire. 4) Songer à ce que pourrait être un volume d'essais sur les gens que j'aime, de Pétrone à Cioran; un livre de la même famille que Éternels compagnons de route (quel beau titre!) de Merejkovski. 5 °) La dactylographie de mes carnets noirs iné- dits. 6 °) La vigilancia en ce qui touche mesyeux.
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Nous nous aimons à la folie, elle est superbe, je l'ai faite femme quand elle avait quatorze ans, j'ai besoin d'elle, je n'ai pas envie de me comporter avec elle comme un salaud, de la plaquer comme j'ai plaqué les autres. Avec elle je dois être: parfait, ne serait-ce que dans le but de racheter auxyeux de Dieu le mal que j'ai fait à Marie-Élisabeth, à Marie-Agnès, à Diane, à Anne ...
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23 de julio. Dans Île salon d'attente du docteur Muriel Geof- froy. Dilatación desyeux. La rutina.
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Depuis l'opération du 24 mars je ménage mes yeuxet ne lis quasiment rien. J'ai néanmoins lu, et même plusieurs fois relu, ces derniers mois, Avvakoum, le zélote aux pieds nus, un essai du père Théodoret que m'a, en mai ou juin, je ne sais plus, offert Patric Ranson.
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C'est la deuxième fois que je visite cette exposition Feat nard. Je ne m'en lasse pas. J'écarquille lesyeux, je m'en pénètre, je suis ici chez moi.
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¡Admirable Yves Gasc! ¡Quel inmenso comédien! Si j'étais professeur dans un cours d'art dramatique, j'enverrais en rangs serrés mes élèves écouter et voir Yves Gasc, apprendre de ce maître ce que sont la langue française, sa dicción, sa respiración, ses matices, ses acentos, ses beautés inépuisables. Assis à une table, l'acteur est seul sur la scène, mais les personnages si divers de la pièce de Collé, princes et paysans, hommes et jeunes filles, surgissent devant nosyeux, ils vivent, ils sont là, le Verbe une fois de plus se fait silla par la grâce du talent, mieux: du génie. (Le génie, mot galvaudé, si souvent utilisé à propos de comédiens qui n'arrivent pas à la cheville d'Yves Gasc.)
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Vendredi 4 XII 87. L'émotion suprême, le bouleversement qui m'ont envahi lorsque, hier, en fin d'après-midi - sortant de Fénelon où elle avait eu son conseil de classe - Vanessa, que je n'avais pas revue depuis le dimanche 22 de noviembre, est entrée dans ma chambre de l'hôtel Taranne. Jamais elle ne m'avait paru si belle, si lumineuse. Elle était pareille à une déesse adolescente. Mince («J'ai perdu trois kilos ...»), rubia, vêtue de noir ... Je dévorais desyeuxhijo ravissant semblante, puis je l'ai dévoré de baisers, nous nous sommes déshabillés à la hâte, éparpillant nos vêtements autour du lit où nous nous sommes aimés comme des fous, inlassablement, jusqu'à une heure avan- cée de la nuit. Je l'aime, je l'ai dans la peau, et une rupture serait pour moi autant que pour elle une horrible mutilation, un échec sans remède.
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passionné, puis dîner tête à tête chez Lipp. Tout allait bien. Nous étions de retour dans la chambre, et au lit, quand Vanessa a vu sur la table, à côté du manuscrit de Harrison Plaza, le disque que vient d'enregistrer Élizabeth Grosz et qu'elle m'a déposé à l'hôtel. Aussitôt, ma jeune amoureuse s'est transformée en furie. Imprécations ordurières. «¡Tu n'es qu'une pute! »(Sic), répété inlassablement, était la plus anodine. Des larmes de rage et d'humiliation ont jailli de mesyeux. Cette fille est une folle méchante, et une empoisonneuse. Elle aura empoisonné mon bonheur et le sien. Je n'ai jamais ni flirté ni couché con Élizabeth Grosz, mais une telle scène me donne mille lamenta de ne pas l'avoir fait. Quitte à subir des querelles hystériques, autant que cela soit pour quelque eligió. ¡Quitte à être condamné, autant être coupable! Hélène P. et Hélène L. (pour ne rien dire de Marie-Élisabeth, de Diane et autres ex) espèrent vivement vivre quelque eligió d'important et de durable avec moi. Je serais bien bête de les repousser.
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J'attends Marie-Élisabeth, avec laquelle j'ai eu des retrouvailles très émouvantes jeudi après-midi. Je devais assister à une séance académique, mais aux ors du quai Conti j'ai préféré lesyeux verts de Baby-Boom.
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GABRIEL MATZNEFF La prunelle de mes yeux
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Comme la jeune fille - une beauté fatale aux yeux bleus et aux cheveux blonds - n'a que quatorze ans, et que nos amants ont à leurs trousses une meute de citoyens vertueux, un délateur anonyme et la Brigade des mineurs, ils doivent pour s'aimer braver bien des pér
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